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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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Mais où sont les rapports français?

parlement européen

Mais où sont les rapports français sur les zoonoses ?

Une directive européenne de surveillance annuelle aux oubliettes

Conformément à la Directive 2003/99/CE du Parlement Européen et du Conseil du 17 novembre 2003[1], chaque Etat membre est tenu chaque année, pour la fin du mois de mai, de transmettre à la Commission un rapport sur les tendances et les sources de zoonoses.

Dans l’introduction de cette directive ; paragraphe (17), il est stipulé (c’est nous qui soulignons):

Outre la surveillance générale, des besoins spécifiques susceptibles de nécessiter l’établissement de programmes coordonnés de surveillance peuvent être modifiés. Une attention particulière devrait être accordée notamment aux zoonoses énumérées à l’annexe I du règlement (CE) n° 2160/2003.

Y est répertorié :

B Liste des zoonoses et agents zoonotiques à surveiller en fonction de la situation épidémiologique. * 2- zoonoses bactériennes : -Borréliose et agents responsables

definitionzoonose.pngDans son article 2, paragraphe 2, il est écrit entre autres [2]:

on entend par :
* a) "zoonose" : toute maladie et/ou toute infection naturellement transmissible directement ou indirectement entre l’animal et l’homme ;
* b) "agent zoonotique" : tout virus toute bactérie, tout champignon, tout parasite ou autre entité biologique susceptible de provoquer une zoonose.

Qu’en est-il de ces rapports annuels que devrait remettre la France à la Commission européenne sur les zoonoses et principalement sur la borréliose et son agent causal ?

L’unique étude française... datée

Un appel téléphonique du mois de novembre 2010 au CNR borrélia de Paris concernant cette question révèle que :
Un rapport d’étude sur la borréliose fut publié en France en 2000, une étude nationale conduite de mai 1999 à avril 2000 menée par le Réseau Sentinelle (réseau de veille sanitaire en médecine générale) auprès d’un échantillon de médecins généralistes. Jusqu’à ce jour, elle est et reste la seule et unique étude conduite sur le plan national !

Cette étude recense un nombre de 5500 de nouveaux cas de borréliose en France. Mais uniquement dans le cadre des médecins généralistes et aucunement chez les spécialistes (tels que : infectiologues, rhumatologues, neurologues etc), ni les cas traités en milieu hospitalier. A ce stade, il est important de signaler aussi que les critères de définition de cas retenus jusqu’à fin 2006 en France, étaient à 100% ceux de l’ EUCALB (ce qui veut dire EM, ELISA positif). Important également : cette étude fut réalisé sur une base de volontariat des médecins.

Cependant, en 1989 on peut retrouver la mention de : 75 cas rapportés par 56 médecins généralistes sur 480 qui avaient accepté de participer 1998 : 86 cas rapportés par 69 médecins sur 875 proposés!!! A l’époque, une incidence fut calculée : 9,5 cas pour 100.000 habitants et par an. En Alsace cependant, ce fut une incidence de 86 cas pour 100. 000 habitants et par an, puis pour le Limousin 42 et la Lorraine 34.

11 années se sont écoulées... (11...)

Les institutions de veille sanitaire françaises, à quoi ça sert ? Rappel.

CNR Au départ existe le CNR (Centre National de Référence) crée en 1972 dans le cadre de la lutte contre les „maladies infectieuses“ 38 laboratoires ont été désignés en tant que « Centre de Référence Nationale », chacun étant spécialisé pour un seul agent infectieux.
Sur 20 de ces centres 16 sont situés à l’Institut Pasteur Paris, 2 au Centre Mérieux Pasteur à Lyon et 2 en Guyanne. INVS En 1998 fut crée l’InVS (Institut national de Veille Sanitaire), organisme d’Etat sous la houlette du Ministère de la Santé, avec mission de surveillance permanente de l’état la santé de la population. 5 domaines sous surveillance :

  • Maladies infectieuses
  • Effets de l’environnement sur la santé
  • Risques d’origine professionnelle
  • Maladies chroniques et traumatismes
  • Risques internationaux et tropicaux

En 1999, les caisses d’assurance maladie alsaciennes (1ère région française touchée par cette zoonose) ont fait parvenir à tous les médecins libéraux en Alsace un questionnaire qui donna pour résultat 3200 nouveaux cas par an dans cette région

CNR Borrelia 2002 : Création d’un CNR Borrelia à l’Institut Pasteur Paris en partenariat avec un laboratoire associé (Dr B. Jaulhac, Institut de Bactériologie, Strasbourg)

CIRE L’ InVS Institut s’appuie sur les „CIRE Cellules InteRégionales d’épidémiologie“ dont la première fut crée 1995 (les 2 dernières crées sont Centre et Aquitaine en 2008). Il existe, à ce jour, 17 Cellules CIRE basées dans les différentes régions françaises, 15 en métropole et 2 ultra marine (Antilles-Guyanne et Océan Indien).

Conférence de consensus 13 décembre 2006 : Institut Pasteur Paris 16ème Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuses : thème borréliose Les recommandations de diagnostic et traitement IDSA sont entièrement validées pour la France.

Bulletins épidémiologiques sans lendemain

En parallèle à leurs missions, les „CIRE“ et le „CNR“ toujours sous mandat de l’InVS, ont conduits différentes études mais uniquement sur un plan régional et sur la base du volontariat des médecins.

Liste des études officielles publiées à ce jour : BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire) de l’InVS, Hors série du14 septembre. 2010

Borreliosepardepartement.png* 2001-2003 : Alsace (2 départements): 200 cas acceptés/100 000 habitants/ (Mars 01-févr.02 :4189 cas revient à 242/100000 - Mars 02-févr 03 : 3843 soit 222/100000)

  • 2003-2009 : Lorraine (seulement 1 département Meuse) : 146/100 000 habitants
  • 2004–2006 : Limousin (Creuse, Corrèze, Haute Vienne) : 84-54-37/100000 habitants
  • 2004-2009 : Auvergne (Puy du Dôme, Cantal, Allier) : 99-89-49/100000 habitants
  • 2006-2008 : Rhône-Alpes : (Ain, Loire, Haute-Savoie) : 129-70-197/100000 habitants
  • 2007-2009 : Basse-Normandie (Calvados, Orne, Manche) : 65-67/100000 habitants
  • 2010-avril 2012 : Aquitaine (en cours)
  • 2010-2012 : Franche Comté (en cours)

Tiques départementales...

En ce qui concerne les vecteurs (toujours d’après le BEH du 14 septembre 2010) : des études sur les tiques furent également conduites en parallèle, mais toujours sur un plan départemental ou régional.

Voilà ce que l’on peut trouver à ce jour sur des données officielles.
Il appartient de mentionner que dans ce bulletin, il est aussi honnêtement écrit :

./.dans ces enquêtes régionales, les médecins participants sont essentiellement des médecins libéraux, ce qui conduit probablement à une sous-estimation des formes secondaires, en particulier neurologiques, prises en charge en milieu hospitalier.

De plus, tous les médecins n’ont pas « joué le jeu » jusqu’au bout pour des raisons administratives très contraignantes. Etudesincidence.png

Trop de questions qui fâchent

Maintenant, il serait urgent et vital de se poser une autre question : les critères tant européens que nationaux se basent sur des modalités d’enquêtes très restrictives (érythème migrant, Test Elisa positif..etc). Qu’en est-il des nombreux patients atteints de borréliose chronique et persistante jamais répertoriés dans aucune des études ?

D’autre part, depuis toutes ces années ; personne ne conteste l’ampleur de plus en plus évidente de cette zoonose. Sachant que de nombreux articles scientifiques valident la transmission in-utéro, que deviennent tous ces enfants nés d’une mère porteuse de la bactérie, mais sans diagnostic, ni traitement adéquat ?

Une troisième question s’impose : qu’en est-il de la contamination par transfusion sanguine, cas déjà scientifiquement rapportés ?

Mais pour rester très pragmatique, pourquoi ne pas commencer par le commencement et diligenter enfin une enquête nationale valable et efficace, non point uniquement sur la base du volontariat des médecins généralistes, mais s’appuyant sur une obligation de déclaration (à introduire sur la liste de l’INvS publiée en 2003 et mise à jour le 30 août 2011) ?
Mais qui a peur de la borréliose, zoonose envahissante ?

Notes

[1] modifiant la décision 90/424/Ce du Conseil et abrogeant le directive 92/117/CE puis mise à jour le 20 novembre 2006 suite à l’adhésion des Républiques de Bulgarie et de Roumanie ; 2006/104 Ce du Conseil

[2] Tous les tableaux libres d’utilisation sont tirés du BEH de l’inVS, HS 14/09/11

ELS (rédacteur invité)

Rédacteur: ELS (rédacteur invité)

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