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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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Lancement de l'enquête Tiques-France

Les infections véhiculées par les tiques explosent en Europe en l’absence de surveillance efficace des autorités, notamment en France.
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Ce constat, la chercheuse Valérie Obsomer, docteur en sciences agronomiques spécialisée dans l’analyse des risques environnementaux, le dressait jusqu’à présent en Belgique où en 2013 son équipe de scientifiques bénévoles publie des chiffres alarmants. [1]

Aujourd’hui elle lance la première enquête publique sur notre territoire.

Cette enquête est participative. Tout un chacun mordu par cet acarien sur le sol français, malade ou pas, est dès à présent invité à remplir un formulaire sur le site Tiques&France.

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En Belgique Valérie Obsomer dénombre des tiques dans toutes les provinces, et par endroit jusqu’à 45% de tiques infectées par des Borrelia, 19% porteuses d’anaplasmes et 15% vectrices de rickettsies, tous agents pathogènes pour l’homme.[2] Aux Pays-Bas ce sont 22 000 cas de malades par an[3]. Pendant ce temps une étude en cours de publication porte à un million leur nombre chaque année en Europe.
Et en France ? En France on ne sait pas ou on ne veut pas savoir !
Aucune recherche systématique à ce jour n’a analysé la distribution des tiques sur l’ensemble de l’hexagone non plus que les bactéries qu’elles hébergent. Il n’y a de ce fait aucune mise en relation entre infestation et maladies. Cette absence de données fait croire à tort à une absence de risques ! souligne la chercheuse.

Or le risque est de laisser pourrir la situation sans rien faire et d’être confronté à court terme à un grave problème d’épidémie. Ce contexte alarmant oblige la communauté médicale toutes spécialités confondues, les chercheurs, les politiques même, à relever un défi mondial comme l’indique le Professeur Perronne dans son dernier article à la presse scientifique.[4]
De fait, l’enquête lancée par V. Obsomer aujourd’hui est de salubrité publique. Connaître la situation actuelle, l’état de l’infestation, les lieux sinistrés, les risques encourus est une nécessité.

Résultats préliminaires français inquiétants

L’étude belge avait permis de récupérer 150 données pour la France. A partir de ces premières informations, on peut consulter aujourd’hui les cartes des résultats préliminaires. Inquiétants.
Enquete_tiquesfr_Bleu.png D’ors et déjà cela met déjà en évidence que 35% des cas de borréliose ne présentent jamais la tache typique; que les personnes mordues montrent un test négatif alors qu’elles ont été infectées par des tiques; que la pathologie est souvent détectée très tardivement par rapport à la contamination; que SFC (syndrome de fatigue chronique) et fibromyalgie relèvent à 36 % d’erreurs de diagnostics; que la borréliose peut rester dormante des années avant de causer des symptômes parfois très invalidants.
On note aussi que tout le territoire national est touché avec une situation qui semble plus préoccupante dans les régions forestières d’Alsace, de Lorraine, d’Ile-de-France, de Basse-Normandie, d’Aquitaine, de Rhône-Alpes et de Midi-Pyrénées. Certains départements, l’Allier, la Sarthe, la Creuse, semblent également particulièrement atteints. D’autres secteurs ne sont pas encore renseignés ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas concernés.
Par ailleurs l’augmentation des populations de tiques est nettement repérée par endroit, même si elle est variable en l’état actuel des remontées d’enquête : par exemple, dès les années 90 en Dordogne et dans la Manche; tardivement dans les années 2010 en Franche-Comté.
Enfin on remarque la grande diversité des maladies transmises par les tiques; borréliose, babésiose et bartonnellose sont en tête.

Un appel à participer

Il est évident que nous avons là les prémices d’une réalité documentée édifiante. Pour que cela puisse révéler un état des lieux concret des zones à risque et être un fidèle reflet des types de risques, il faut des données. Les chercheurs font un appel à la population. Afin d’aboutir à la cartographie la plus précise possible de la situation en France, ils ont besoin de votre collaboration, que ce soit en participant vous-même pour indiquer tous les détails utiles dans les formulaires prévus à cet effet ou en sollicitant les personnes de votre connaissance à participer à leur tour.
Le fait de répondre permettra sans aucun doute de sortir la pathologie de la case « maladie rare » qui ne correspond plus à rien; et en aval, au vu des résultats, obligera les pouvoirs publics d’une part à diligenter des recherches, comme le souhaite le Professeur Perronne, et d’autre part à conduire un vrai travail d’information et de prévention comme le réclament les malades et leur associations.
Les premiers résultats seront diffusés sur le site de l’Enquête Tiques&France dès cet hiver. D’ici là et au fur et à mesure, une partie sera également transmise par les associations et leurs médias, sites, forums, newsletters, ondes, etc.

Les Pays-Bas n’ont pas attendu après une enquête publique inquiétante pour assurer une surveillance sanitaire efficace sur leur territoire.[5] Souhaitons qu’en France les choses bougent aussi.

Valérie Obsomer et ses collègues chercheurs, le professeur Perronne en charge de la supervision scientifique des données et des publications, l’équipe de Tiques-France, Champs-Libres[6], Lyme sans Frontières[7], le RBLF-cimt, l’émission de radio "Média’Tiques"[8], les partenaires et l’ensemble des associations françaises participantes vous remercient de votre collaboration.
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Pour toutes demandes d’informations, contact : tiques.france at gmail.com

Notes

[1] Valérie Obsomer, docteur en sciences agronomiques spécialisée dans l’analyse des risques environnementaux, a travaillé une quinzaine d’année dans l’épidémiologie, l’analyse spatiale et la cartographie des vecteurs (anophèles, tiques) et des maladies transmises par des vecteurs (paludisme, filariose, kala azar, loase et récemment borréliose (Lyme), a travaillé au sein de projets internationaux pour l’Université de Greenwich (GB), l’Ecole de médecine tropicale de Liverpool (GB), la Columbia University (New York USA), la Commission Européenne (EU), l’Université Catholique de Louvain (UCL-LLn, BE) et l’Institut Prince Léopold de Médecine Tropicale (Anvers, BE). Actuellement attachée à la Direction du développement rural, DG agriculture, Environnement et ressources naturelles - Service public de Wallonie.

[2] Consultez le site de Tekentiques et l’étude: Obsomer et al., 2013 in Parasites and Vectors:: "Spatial disaggregation of tick occurrence and ecology at a local scale as a preliminary step for spatial surveillance of tick-borne diseases: general framework and health implications in Belgium." - Répartition géographique des populations de tiques et écologie à l’échelle locale comme étape préliminaire de surveillance spatiale de certaines maladies transmises par des tiques : cadre général et implications en matière de santé en Belgique.

[3] Lire l’enquête des Pays-Bas sur le site de Teckenradar.

[4] Pour comprendre ce défi mondial, lire l’excellent article du Professeur Christian Perronne in Frontiers, daté de juin 2014: Lyme and associated tick-borne diseases: global challenges in the context of a public health threat et sa traduction en français par le RBLF: "Lyme et ses co-infections vectorielles à tiques: les défis mondiaux dans le contexte d’une menace de santé publique".

[5] Les Pays-Bas ont mis au point un système de surveillance, basé sur le comptage des érythèmes migrants par les médecins généralistes, qui démontre une augmentation très importante du nombre de personnes atteintes liée à une augmentation du nombre de morsures et une augmentation du nombre de tiques (en 2014, 64% de tiques de plus que les 5 années précédentes). Pourquoi une surveillance de qualité aux Pays-Bas ? Une enquête publique avait démontré une augmentation du nombre de morsures, leur mention dans des régions considérées comme présentant peu de tiques, ainsi que de nombreuses morsures dans les jardins. Ce constat a mené à un renforcement de la surveillance. Communiqué de presse à l’AFP: "Lancement de l’enquête Tiques-France", septembre 2014.

[6] Champs-Libres est le créateur du logiciel libre qui supporte la cartographie de l’enquête.

[7] Association Lyme sans Frontières, LSF

[8] "Média’Tiques", l’émission de radio sur la Maladie de Lyme et autour, sur RCFOrne, animée par Sophie Dubé de France Lyme. Lire notre entretien.

Rédaction RBLF

Author: Rédaction RBLF

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