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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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La Recherche au long cours : le mirage des projets Cirad, Cnev et du "groupe Tiques"

Le Cirad est l’institut de Recherche agronomique pour le développement. Parmi tous ses axes de recherche, il a un objectif prioritaire d’étude de la "santé animale et des maladies émergentes". Maladies émergentes dîtes-vous ?

Le désarroi des populations, l’impuissance et l’affolement gouvernementaux concernant l’apparition de zoonoses comme le virus H1N1 ou la bactérie Escherichia coli, qui ont pris nos systèmes de santé hautement moderne en défaut, ont conduit a accélérer la nécessité de trouver des solutions, sachant - nerf de la guerre - que toutes ces épidémies ont en effet des "conséquences économiques majeures" (sic), évidemment.
Sur son site internet, le Cirad met à jour en ce début janvier 2012, sa présentation de l’action  "maladies émergentes". Les objectifs sont donnés : comprendre comment toutes ces maladies se diffusent, repérer leurs agents pathogènes, étudier les facteurs de risques et les réponses immunitaires.
CnevAu chapitre "Actualités" on retiendra le dernier communiqué de presse annonçant que la France se dote d’une structure d’expertise dédiée aux différents aspects de la lutte anti-vectorielle, le Cnev (Centre national d’expertise sur les vecteurs). Cette création est l’aboutissement des conclusions d’expertise de l’IRD de 2009... 2009..., il n’est jamais trop tard pour bien faire ni pour pointer la gravité d’une situation : 

"Chikungunya, dengue, fièvre catarrhale ovine, fièvre du Nil occidental, paludisme, maladie de Lyme, maladie de chagas… Ces affections ont la particularité d’être transmises en France ultramarine et métropolitaine par des insectes ou des tiques. Ces maladies infectieuses sont une préoccupation majeure de santé publique humaine et vétérinaire. "[1]

Le Cnev épaulé de l’ANSES [2] et d’une multitude d’experts [3] devrait notamment surveiller les tiques (sic). En lisant les comptes-rendus de l’assemblée générale du Cnev, on note la présence du groupe "Tiques et maladies à tiques", fonctionnant depuis 2004 (cf. REID) dont le travail d’éthologie (et d’étiologie) est incontournable. Il avait émis une saisine en 2009 (via la direction générale de la santé) afin d’élaborer des recommandations de prévention de la maladie de Lyme [4] à l’attention du grand public et des professionnels de santé. Ces recommandations, pas plus que d’autres (INVS, CEE , etc,) n’ont jamais été suivie d’effets. Qui l’eût cru ?

Du coup, remettre en avant le "groupe T&MT" pour ce qui concerne la prévention relève au mieux de la croyance au père Noël, au pire de la boutade (voire de la malhonnêteté, au choix de l’humeur du lecteur), plus vraisemblablement du marketing d’annonce, aux fins d’endormir, tel l’anesthésiant inoculé par les tiques, le grand corps débile des malades.
On est étonné en effet de ses projets de vulgarisation dont on n’a toujours pas vu la couleur. Sur quoi se pencherait de nouveau le "groupe Tiques" ?

  • vulgarisation par l’intermédiaire de l’association de malades "Lyme France" (association inconnue...);
  • formations sur les tiques et maladies associées (aucune formation officielle à ce jour (Hormis la formation sur les tiques concernant la Région Océan Indien...[5]), que ce soit par le biais des Formations Médicales Continues ou par une action ministérielle, même si l’on note ici et là quelques initiatives privées ou des conférences évoquant la maladie sans que cela en soit le sujet direct.);
  • enfin le projet de livre "Tiques et maladies à tiques", projet fumeux perdu dans les cartons sans doute ? ou distribué secrètement à un public d’élite ?[6]

Bonnes résolutions sans lendemain. Car qui cela intéresse-t-il ? L’impact économique sur le pays en est mineur. Ainsi, l’installation d’une structure d’expertise aujourd’hui pour émettre des avis demain sur des actions à prévoir dans un futur indéterminé, laisse, par expérience, plus que dubitatif.
Les services de Santé publique compétents ne peuvent-ils pas commencer simplement par afficher quelques notices et recommandations dans les pharmacies ? Ou faut-il continuer à compter uniquement sur les entreprises privées et les réclames de quelques vendeurs de tire-tiques ou de laboratoires de produits phyto-sanitaires, de spray et autres colliers pour animaux de compagnie ?

En conclusion, tout ce mouvement est peu crédible. Le fossé est trop visible entre les paroles et les actes; les projets et la réalité. Il ne faut certes pas de la précipitation à la Recherche mais il lui faut aussi des priorités, des urgences, une vraie politique de santé publique, des moyens. Et elle prend son temps, un temps qui n’est pas celui des malades, surtout quand on sait que d’autres problèmes passent avant, plus grand public, plus porteurs, plus rémunérateurs...
Jusqu’au jour où l’épidémie ne pourra plus être masquée ?
La Recherche au long cours court toujours.

Notes

[1] NDLR C’est nous qui soulignons.

[2] ANSES, agence pour l’évaluation, la prévention et la protection des risques pour les citoyens, issue de l’union des ex-AFSSA + AFSSET. Cf. article de Pour la Science à ce propos.

[3] cf. Page Partenaires

[4] On remarque la réticence française à nommer convenablement cette pathologie

[5] Cours pratique et théorique sur les tiques et maladies transmises par les tiques (XI 2009) - Sainte Clotilde ; Ile de La Réunion par Le Centre de Recherche et de Veille sur les Maladies Emergentes dans l’Océan Indien (CRVOI), dans le cadre du programme InterregIIIB, en partenariat avec le CNRS, l’Institut Pasteur, l’Institut Pasteur de Madagascar, l’Université de la Réunion et la Commission de l’Océan Indien. "Ce cours international, délivrera un enseignement théorique et pratique sur les tiques et les maladies transmises par les tiques, avec un intérêt particulier pour les vecteurs et pathogènes en circulation dans la zone Océan Indien. À l’issue de la formation, les participants auront acquis des connaissances sur l’écologie, la phylogénie, la génétique des populations et la diagnose des tiques. Le diagnostic moléculaire des pathogènes transmis par les tiques ainsi que leur impact médical et vétérinaire dans la région seront également traités."

[6] NDLR À ce jour, on rappelle qu’il existe un superbe album de Prévention à destination des enfants qui cherche toujours sa concrétisation papier et que tout éditeur ou imprimeur potentiel peut feuilleter en ligne sur le RBLF sur demande. Intérêt des autorités ou associations pour cet album  ? aucun. 

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