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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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Se prémunir contre les tiques : sys-té-ma-tique!

S’il est une maladie aussi répandue que non dite, c’est bien celle-ci, la borréliose, celle que l’on nomme vite fait la "Maladie de Lyme"[1], "la maladie des tiques", en croyant la connaître, celle dont tout le monde a entendu parler, qu’il a constatée chez le voisin, éprouvée dans sa famille..., et qui est toujours indiquée au passé quand on s’adresse à vous qui demandez des précisions : "Ah oui la maladie de Lyme, il l’a eue." Et puis c’est fini, il ne l’a plus... Comme si cela avait aussi peu d’importance que d’avoir contracté, enfant, la rougeole. Et surtout en n’étant pas au courant de la réalité de la pathologie.
Retraite_Lyme.JPGLes médecins non formés à ces symptômes cliniques multi-factoriels complexes n’en parlent pas alors que non prise en compte sérieusement, l’infection reste latente, se révèle un jour douloureuse, accessoirement invalidante, très difficile à soulager et quasi impossible à guérir.

C’est une maladie pour laquelle il n’y pas d’information, pas de prévention, pas de recensement, pas de tests, pas de diagnostics, pas de recherche, pas de médicaments ! Le vide. Celui dans lequel sombrent les malades qui un jour découvrent les faits; celui que tentent de combler les patients qui prennent en main leur santé et leurs revendications quand la médecine et les médias nient et désinforment.

Dessin de tiques.jpgLes tiques porteuses de Borrelia (sur l’homme, l’espèce Ixodes ricinus) se rencontrent sur tout le territoire. Ce sont des acariens comme les araignées. La soi-disant prédilection pour les régions à gros gibiers, boisées et humides induit en erreur car le récent rapprochement des habitats urbains et sauvages établit des ponts par où s’infiltrent ce vecteur. [2] Plusieurs facteurs permettent l’extension et la prolifération des tiques, notamment le réchauffement du climat si l’on se réfère aux travaux réalisés en 2008 par l’Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (CNRS/IRD/Université de la Méditerranée)[3].

L’Institut national de Veille Sanitaire (INVS) déplore l’absence d’études systématiques sur le territoire.[4] Aucune campagne de prévention n’est annoncée, aucun moyen débloqué.
Maladie émergente pas rare malgré ce que laissent accroire les documents officiels[5], pouvant provoquer de graves atteintes, la borréliose touche de plus en plus de personnes sans qu’elle soit détectée. Ignorant la cause de leurs souffrances, les malades, sans soins, dans l’errance médicale, sont classés hypocondriaques ou fabulateurs.

En tous lieux la tique est présente, dans les parcs et jardins privatifs, sur les gazons des piscines et les aires de jeux comme les prairies et les lisières des forêts, et ce, du fait des migrations aviaires comme des échanges entre zones urbanisées et milieux sauvages[6]; par tous temps elle se signale, hiver comme été, de préférence au printemps et à l’automne, en terrain humide, au dessus de 10° et jusqu’à la limite de la sécheresse. [7] Des rats des villes aux grands cervidés des bois, tout animal sauvage est un potentiel réservoir.
Aire de PiqueTique ©RBLFLes seules préventions sont l’usage de répulsif et le port de vêtements couvrants, puis de bien s’inspecter au retour de sortie, de laver ses vêtements et les passer si possible au sèche-linge. Mais ces précautions sont aussi vaines qu’illusoires pour ceux qui n’ont pas besoin de "sorties" pour être "dehors" et vivent au contact de la nature: simples campagnards comme professionnels: agriculteurs, éleveurs, forestiers, etc.
La vigilance s’impose partout. Aucune signalétique sur les zones infestées n’est mise en place en France, le marché du tourisme notamment en serait affecté, les agriculteurs effrayés. En restant sur les sentiers, le randonneur pourra peut-être éviter les tiques, mais dans le moindre espace vert de nos villes le danger de ces acariens ne peut être écarté. Pour autant, pas de phobies, toutes les tiques ne sont pas porteuses. Mais il faut savoir par ailleurs qu’elles ne seraient pas seuls vecteurs. Des insectes sont soupçonnés à leur tour.[8]

On peut craindre aussi les tiques fixées sur nos animaux domestiques: ils restent un véhicule commode pour celles qui préfèrent la peau humaine. Il faudra donc aussi les inspecter.
Depuis quelques temps on trouve des produits répulsifs, parfois à mettre à même la peau en lisant les précautions d’usage car les substances peuvent être toxiques. Certains préconisent des essences comme la citronnelle tout en sachant que la diffusion est de courte durée. La meilleure protection reste celle des vêtements longs, fermés, sombres, lisses pour éviter que les bêtes ne s’y accrochent à notre passage.
inspection corps Encart art 2.jpgCar bien qu’elles ne grimpent pas aux arbres, les tiques peuvent monter sur les plus hautes herbes et dans les taillis[9] d’où elles se laissent tomber.
Les cachettes sur le corps sont nombreuses. L’inspection est de rigueur. Prendre seulement une douche ne sert à rien, les tiques survivent de nombreuses heures même immergées.
Une tique découverte doit être retirée immédiatement en prenant des précautions particulières.
Il ne faut ni tenter de l’endormir, ni de la noyer dans quelques solutions maison, ni la brûler ou écraser son corps entre les doigts ou avec une pince à tique grossière. Toutes les vieilles recettes n’aboutissent qu’à lui faire régurgiter les bactéries dont elle peut être porteuse directement dans le sang de la victime. La tique, par un phénomène de défense, a "mécaniquement" ce réflexe.[10]
carteTiquesELS.jpgOn utilisera donc toujours des outils prévus à cet effet: soit une pince à épiler en la maniant délicatement, soit une « pince à tique », un minuscule pied de biche qu’on tourne vers le haut comme pour dévisser, soit la "carte à tique" qui se glisse sans mal sous la bestiole.
Il est préférable de ne pas laisser la tête même si le risque est moindre et sa disparition rapide.
Lorsque la suspicion est forte d’avoir été infecté: survenue d’une plaque rouge s’étendant autour de la morsure (dans 40 à 60% des cas), symptôme grippal sous le mois en cours, la visite chez le médecin s’impose. Un traitement immédiat de 20 jours d’antibiothérapie est strictement recommandé en cas d’érythème. Les tests de détection ne seront, eux, effectués, qu’après 6 semaines au plus tôt car les anticorps marqueurs de l’affection ne peuvent être perçu avant, quand ils le sont....

Ce texte est issu de la préparation du RBLF au dossier de synthèse sur les problématiques de la borréliose, dont une version ramassée se trouve dans la livraison d’avril-juin 2013 de la revue Nature & Progrès.

Notes

[1] On rappelle que ce terme, appliqué notamment à l’Europe, est impropre. La "Maladie de Lyme" renvoie à une maladie arthritique révélée à Lyme dans le Connecticut et due à une espèce de Borrelia nommée Borrelia burgdorferi (voir l’article du RBLF : Borrelia: la re-naissance d’une bactérie. Le terme est utilisé par raccourci, abus de langage, ou méconnaissance. Souvent il est encore employé par habitude. La borréliose néanmoins regroupe toutes les pathologies dues au genre Borrelia, avec ses dizaines d’espèces, et s’étend aux co-infections dont le malade peut être aussi porteur, bactériennes ou pas. Pour être plus proche de la réalité, le Dr Horowitz parle plutôt de MCID (Multiple Chronic Infectious Diseases).

[2] Les tiques ne portent pas qu’une espèce pathogène mais bien d’autres bactéries co-infectantes.

[3] Source PLOS Negliged Tropical Diseases; Lire le communiqué de presse du cnrs.

[4] "L’épidémiologie de la borréliose de Lyme demeure encore peu connue en France, les données étant très parcellaires." Source: site de l’INVS.

[5] Lire l’article du RBLF concernant l’article sur la "maladie de Lyme" du portail des maladies rares" Orphanet : Pas net l’Orphanet .

[6] Dans le site internet du Dr Georges, "Maladies liées à la morsure des tiques en France" se reporter aux Maladies émergentes: "Zoonoses: "L’environnement"et ’’Réussite émergentielle", Des maladies vectorielles à tiques.

[7] L’activité d’I. ricinus est conditionnée par les heures chaudes de la journée, par des températures comprises entre 7 et 25°C. Cette espèce est quasiment inactive pour les températures inférieures à 7 °C, et elle entre dans une sorte de diapose lorsque la chaleur est intense et l’hygrométrie basse. Elle ne peut pas subsister si la température dépasse 35 °C, ni si l’hygrométrie relative s’abaisse en dessous de 75%. cf. site Maladies à tiques: "Les tiques - Ixodidae.

[8] Source : notes bibliographiques 22, 23, 24 in Maladies à tiques ainsi que le site du Dr Klinghardt sur la maladie chronique.

[9] "Pour se nourrir, quelle que soit sa stase, ’I. ricinus’ pratique l’affût (exophile) : les larves se postent au sommet d’herbes basses, où l’hygrométrie est la plus importante ; les adultes plus résistants montent quelquefois jusqu’à 1,50 mètre, sur des herbes, des ronces ou des fougères. Installées à leur poste, les tiques tendent leurs 2 deux pattes antérieures dès qu’elles perçoivent l’arrivée d’un hôte potentiel puis agrippent sa fourrure, les vêtements ou la peau s’il s’agit d’un humain. Le réflexe d’accrochage paraît stimulé par le mouvement, la chaleur ou l’émission de dioxyde de carbone." Source: site "Maladies liées à la morsure des tiques en France": "Ecologie et Ethologie" 6e §.

[10] "L’emploi d’alcool ou de produit agressif est à déconseiller, il est admis qu’il amènerait la tique à régurgiter et augmenterait les risques de contamination". Source : site "Maladies liées à la morsure des tiques en France": "Prévention", Conduite à tenir.

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