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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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Déni: des certitudes aux blocages...

C’est la 1ere maladie vectorielle aux USA; au Canada les lieux infestés sont listés; en Allemagne des spots TV de prévention sont diffusés; en Suisse une signalétique est installée; et en France...

En France, l’État poursuit toute personne, médecins compris, qui alerte sur l’épidémie et tente de trouver des solutions de soins.

http://www.pediatricsnow.com/2012/06/bug-of-the-month-lyme-disease/ Après le silence des praticiens généralistes non informés, apparaît celui, plus coupable, des autorités responsables de la santé publique, couvrant celui, criminel, des instances de l’infectiologie française divisée, et celui, scandaleux, des mandarins hospitaliers carriéristes. Pendant que l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) déplore en vain l’absence d’études et de mesures systématiques régionales comme nationales[1], un étonnant pouvoir impose sa loi... Il faut se taire.
Aucune information officielle - ni pas davantage de prévention- n’est organisée en France par les Pouvoirs Publics à tous les niveaux de responsabilité. Est-ce bien normal ? En dehors de l’action des associations de malades, la population est laissée dans l’ignorance totale de l’existence de la maladie, de la dangerosité des tiques qui en sont le vecteur, et des précautions minimales indispensables qu’il faut prendre. Pourquoi ?

Ces verrous découlent entre autres des positions scientifiques "positivistes" de notre Société d’Experts en Infectiologie française qui ont conduit à l’acceptation dogmatique de "recommandations" importées des USA là où ses aberrations et mensonges sont dénoncés.[2].

Viennent se greffer sur l’ensemble, des règles de traitements obsolètes, imposées par quelques "experts" américains auto-proclamés, via un regroupement de "spécialistes" français. Depuis 2006 la maladie est "encadrée" en France par un "Consensus" médical totalement erroné[3]. Cela est su, cela est tu. Parce qu’il n’y a pas de possible traitements hormis ce consensus, il ne peut y avoir de formation médicale appropriée pour cette maladie, pas plus que de tests diagnostics ou de traitements officiels valables.
Le refus de voir la maladie dans son ampleur et ses complications entraîne le blocage de toute information de prévention qui devrait être faite pourtant tous azimuts pour être efficace.

Le refus de donner les moyens dans la recherche (de tests et traitements) implique le refus de détecter et soigner tous ces malades en errance. On parle de déni.

Les directives du «Consensus français sur la Borréliose» du 13 décembre 2006, reprises aveuglément des conclusions de la société américaine IDSA édictées sous le nom de "Borreliose Guidelines" , de même que les sérologies, sont obsolètes.
Dans les pays anglo-saxons, la santé des patients et la conscience des médecins ne pèsent pas face aux intérêts financiers des Compagnies d’Assurances. Et chez nous ?
Qui décide, qui dirige? D’où vient cette volonté de s’arc-bouter sur un test diagnostique complètement caduc; de contenir la borréliose de Lyme, maladie envahissante dans un classement inapproprié parmi les maladies rares; de ne pas donner aux médecins une formation crédible; de brider la recherche; d’édicter des recommandations de traitements inadaptées?

http://lymedisease.org/news/touchedbylyme/idsa-mobile-ad.htmlInitialement les experts rhumatologues de l’IDSA, la société américaine des maladies infectieuses, établissant leurs critères sur une pathologie particulière due à une espèce de Borrelia, éditèrent des "recommandations" de détection et de soins très restrictives et basées sur des sérologies posées comme infaillibles.[4]. La "maladie de Lyme", typique à B. Burgdorferi, serait ainsi résolue en deux à quatre semaines d’antibiotiques. Selon eux, il n’y a pas de suites et tout le reste est « syndrome post-Lyme » avec composante immunitaire ou psychique.
Ces directives, reprises en Europe, et sans discussions en France[5] ont donné lieu à un encadrement strict des maladies à Borrelia, quelles qu’elles soient, rejetant, de fait, la plupart des borrélioses europėennes.

Opposée à cette vision restrictive, et au vu de la réalité complexe du terrain et de leur expérience de cliniciens, l’International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS), dont les membres sont traités de "charlatans", démonte les contradictions et non-sens des experts IDSA et propose ses propres Guidelines en 2008[6]

Elle préconise, entre autres, des traitements sur le long terme des malades toujours porteurs de la bactérie même après 28 jours de traitements antibiotiques.
Cette position, basée sur des faits, est rejetée contre toute évidence, par le "Consensus" adopté en France, alors même que ses rédacteurs ne peuvent plus la nier devant des preuves scientifiques accumulées au fil des ans. Mais des raisons de conflits d’intérêts et de "principes" prévalent sur le droit à la santé des malades.
Car ne pas soigner les malades pour la borréliose dont ils souffrent ne signifie pas ne pas les assommer de médicaments "autres", tels que: anxiolytiques, anti-dépresseurs, anti-douleurs de toutes sortes. Les laboratoires sont assez bien installés au sein des hôpitaux publics, comme ver dans le fruit, pour arriver à tirer un bénéfice substantiel de leurs "ordonnances" parallèles, et les petits chefs seront d’autant moins "motivés" à soigner la vraie cause qu’il est plus confortable de ne se poser aucune question[7]. En somme, dévoiler le déni serait également aller contre un autre dogme, celui-là commercial et financier, un lobby bien plus puissant que tous les pouvoirs en place.
Cependant le blocage est ancien: une telle maladie multi-factorielle mouvante dérange les conceptions et les principes établis en médecine depuis plusieurs siècles ![8]
La médecine s’est calquée sur un modèle cartésien élaboré avec l’avènement des sciences expérimentales au XVIIe s.

Caparaçonnée dans sa coquille de Lumières, la médecine académique, promue science exacte, se place en référence, institue la statistique comme règle et pose le résultat technique comme loi universelle: la variabilité, la complexité, le psychisme sont laissés de côté.

Véhiculée par l’idée de "progrès", elle devient une fin en soi, ne pouvant plus tolérer l’inconnu, l’insaisissable, le particulier, sous peine de paraître rétrograder. Ainsi a-t-on laissé aux chamans les clefs des secrets millénaires, et aux jardins botaniques la science des plantes médicinales.
Dr J. Poilroux Nouvelles recherches sur les Maladies chroniques 1823, Bnf Gallica p. 36Ce modèle médical est sûr de son savoir, basé sur ses recherches en vase clos, loin, très loin, des réalités multiformes du terrain, niant l’individu qui dérange et déplace les lignes.
Par ailleurs, fondée sur une vision mécaniste, la médecine envisage le corps et ses organes comme une grande machine composée d’éléments hétérogènes, et non comme un système global vivant créé par des flux intra- et inter-agissants.
Portée par ses succès, elle crée les spécialités et se cloisonne de telle manière que l’impérative approche holistique face aux pathologies aux contours flous, récalcitrantes, chroniques, à multi- infections, aux manifestations imprévisibles, est rejetée d’office. Surtout quand il s’agit d’ouvertures sur d’autres pratiques, les plus ancestrales comme les plus contemporaines. La transdisciplinarité n’est pas de mise.
Aveuglée par une science cartésienne monolithique, la médecine ne peut se résoudre au constat de la faillibilité de ses traitements et de son modèle.

Mais un autre pôle réagit, avec des praticiens ouverts devant la pathologie tout comme devant leurs patients, estimant leur savoir non dogmatique et considérant l’homme souffrant comme digne d’attention et d’écoute.

La borréliose fait aujourd’hui les frais de la lutte entre ces deux modèles, l’un à la tendance dogmatique scientifique, sûr de son fait et de sa connaissance universelle, et l’autre plus ouvert et humaniste, n’offrant malheureusement à l’avance aucune assurance-risques contre les mystères du vivant; deux mondes parallèles qui devraient plutôt échanger.



Ce texte fait partie du dossier de synthèse du RBLF sur les problématiques de la borréliose, dont une version ramassée se trouve dans la livraison d’avril-juin 2013 de la revue Nature & Progrès. (Voir l’ensemble ici.)

Notes

[1] Lire l’article du RBLF : "Mais où sont les rapports français sur les zoonoses ?"

[2] Lire l’article du RBLF: "Les Guidelines"

[3] Lire l’article du RBLF : "IDSA over the World"

[4] Cf. Les Guidelines de l’IDSA sur la Maladie de Lyme, Wormser et al, 2006.

[5] SPILF, 2006: dans le paragraphe Infections bactériennes, retrouver le Consensus sur "la maladie de Lyme".

[6] Les Guidelines version ILADS.

[7] cf. Le documentaire de l’émission Les Infiltrés du 22/02/13 sur France 2: "Laboratoires pharmaceutiques: un lobby en pleine santé"".

[8] Lire l’article de C. Musy sur le fondement sociologique des polémiques actuelles entre IDSA et ILADS: La maladie de Lyme se moque bien des dogmes de la science médicale….

Rédaction RBLF

Rédacteur: Rédaction RBLF

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