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RÉSEAU sur la Borréliose de Lyme en France, ses Co-Infections et les Maladies vectorielles à Tiques Construction collaborative d'une information critique contre le déni

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Autisme, Lyme et co-infections

Le 8 mars 2012, au terme de deux années de travail, la Haute autorité de santé (HAS)  et l’Agence Nationale de l’Évaluation et de la qualité des établissements et Services sociaux et Médico-sociaux publiaient leurs recommandations sur la pratique diagnostique de l’autisme, et se déclaraient « formellement opposées à l’utilisation de cette pratique" (le "packing") comme méthode de soin des autistes[1] . Cette pathologie a soudain été portée au devant de la scène. Réactions, hauts cris, prises de bec entre psychiatres, psychanalystes et familles, montée en puissance des généticiens et ... dans le brouhaha médiatique..., à bas bruit... la thèse de la maladie infectieuse qui surgit.

Psychanalyse et génétique

Depuis quelques années on voyait poindre le nez des généticiens. Lorsqu’en juillet 2005, un communiqué de presse d’une start up biotech française annonce la commercialisation prochaine du « premier test de diagnostic de l’autisme », aux rêves et aux peurs vont s’associer les questions triviales de stratégies d’entreprise et de commerçe.[2] L’histoire du "futur marché de l’autisme", comme le titrait l’émission de Continent Sciences du 13 février dernier, est de nouveau à la Une. S. Deligeorges donnait un bref aperçu des enjeux, des nouvelles approches de la génétique médicale, de la question des déterminants génétiques, des entreprises de biotechnologie, marché des tests de l’autisme. Tout cela ne laissant pas de reposer des questions sur "les interférences entre le savoir, le business et l’institution judiciaire." [3]
Et le 13 mars, sur France Inter,  Mathieu Vidard dans La Tête au Carré se proposait de faire le point, sur les connaissances scientifiques et médicales au sujet de cette maladie qui touche en France 600 000 personnes. Repérer l’autisme, le traiter, prendre en charge les malades, mais surtout savoir Où en est la recherche sur les causes et les mécanismes de ce trouble encore trop mal connu ? [4] En la matière, le journaliste s’est arrêté à la génétique, la piste la plus connue. La psychiatrie et certaines de ses pratiques décriées, la psychanalyse faisant l’objet d’une guerre ouverte, l’association des parents d’autistes, apparemment échaudée par des années de paroles suivies de peu d’actes sinon frileux,  réclame d’ailleurs le minimum, à savoir d’interdire la pratique du fameux packing, et de ne plus classer ces enfants en psychiatrie. Elle rappelle l’importance de l’éducation plutôt que le choix de la médicalisation à outrance: en effet il s’agit de l’avenir d’un nombre de plus en plus important de malades et du futur d’une société "médicalisée", à savoir qu’on ne peut pas continuer à hospitaliser des autistes indéfiniment.[5]
Le débat s’appuiera sur le rôle de la génétique, un peu le sauveur au milieu de toute la douleur et les querelles médicales, avec les précautions d’usage concernant le délicat sujet de la "détermination".
Mais après une heure d’émission, personne ne dit toujours mot des avancées en infectiologie... Et pourtant...

Autisme: la piste des co-infections

Et pourtant l’auditeur attentif a gardé en mémoire un reportage sur FR3 quelques semaines auparavant, le 18 février, reportage de choc qui en parlait bien de ces co-infections... De choc, parce qu’il alignait 3 personnalités que les malades de Lyme connaissent bien: le Professeur Montagnier, le Docteur Raymond, le Professeur Perronne, et que leurs interviews conjuguées révélaient au grand public français, ébahi, cette approche de la piste infectieuse de l’autisme, donnant quelques détails et parlant publiquement de ces borrélies co-responsables de l’installation de la maladie.

VIDEO FR3 AUTISME ET INFECTIONS

Assez récemment, lorsqu’en 2007 parut dans Medical hypotheses l’article : "The association between tick-borne infections, Lyme Borreliosis and autism spectrum disorders" de Brandsfiels et al. [6], les discussions allaient déjà bon train à l’ILADS, et à la LIA Foundation la connexion des deux maladies et des co-infections, alors qu’on ne voyait encore rien percer officiellement en France de ces voies nouvelles malgré le travail silencieux d’un petit groupe de praticiens et chercheurs... chronimed. Ce n’est qu’aujourd’hui, année de l’autisme oblige, feux de la rampe sur la HAS, colère chez les familles de malades, mouvements dans la communauté de Lyme, qu’on perçoit que cette recherche avance. 
Au vu des cas cliniques les co-infections bactériennes comme déclencheur de l’autisme sont plus qu’une voie de recherche. Suivant les praticiens, dans le cas des autismes, les infections à tiques telles que Borrelia burgdorferi peuvent avoir des effets directs sur la pathologie, faire le lit d’autres infections et créer une vulnérabilité dans le développement fœtal et au cours de la petite enfance telle que la baisse des défenses immunitaires et une sensibilité immunologique accrue. Selon Brandsfiels et al., 20 à 30 % des autismes pourraient provenir de cette infection à Borrelia et pourraient être traités et guéris[7] , ce que commence à démontrer l’équipe chronimed.
Joseph Burrascano, un des membres fondateurs de l’ILADS,[8] affirmait en 2009 sa position sur le rapport de l’autisme avec plusieurs infections dont Borrelia Burgdorferi :

C’est une cause inflammatoire d’encéphalite par un microbe pathogène tel que Bartonella ou le Mycoplasma. Je partage l’opinion que Bartonella est une infection importante qui peut éclipser Borrelia Burgdorferi comme cause finale de la morbidité dans la maladie de Lyme chronique. Le Mycoplasma est aussi un souci important en passant en revue mes plus de 7 000 cas; ces patients qui étaient implacablement chroniques. Tous, à un point ou un autre de leur maladie, étaient positif pour le Mycoplasma.[9]

Dans le cortège des infections découvertes dans l’autisme, en effet bien d’autres bestioles se retrouvent comme le stipule LIA Foundation sur son site[10]  : However, it is important to note that Borrelia is not the only infection that autistic children have. Many children also have Mycoplasma, Herpes, Chlamydia, Babesia, Bartonella and many more. Ce que décrivait également le Dr Bottero dans ses travaux et tels que communiqués lors de la Conférence de novembre 2009 à Paris qui faisait un point sur l’état de la recherche : "Stress oxydant et infections chroniques froides dans les pathologies neurodégénératives, le syndrome de fatigue chronique et l’autisme".[11]
Le 11 janvier 2012 enfin, le Professeur Montagnier et le groupe chronimed, sans écarter les aspects psychologiques, expliquaient la piste microbienne. Nous, chercheurs et médecins, pensons qu’il faut aller plus loin en recherchant ses causes organiques, et en dériver une politique à la fois de traitement et de prévention.[12] C’est cette thèse, mûrement élaborée, et ses résultats que le reportage de FR3 [15] présentait au grand public français. Elle n’est cependant pas monolithique se garde bien de penser L. Montagnier : Il nous faut considérer les facteurs d’environnement qui, eux, ont changé considérablement notre biosphère.

Stress oxydatif et prise en charge globale

C’est en partant du constat de l’émission d’ondes électromagnétiques produites par des bactéries et repérables dans l’ADN, que des traitements longs de cures d’antibiotiques ont été proposés, entrainant la disparition des signaux électriques et ainsi la guérison ou l’amélioration. Le chercheur s’étend un peu plus :

Notre hypothèse de travail est qu’un dysfonctionnement immunitaire, associé à une souffrance  inflammatoire de la muqueuse intestinale, entraine un passage de constituants bactériens, dont des neurotoxines, dans la circulation sanguine, créant notamment un stress oxydatif ainsi que des microvascularites, en particulier au niveau des vaisseaux méningés, et finalement une atteinte neuronale.[13]

"Stress oxydatif"... le gros nœud du problème si l’on veut bien comprendre que le corps est un tout et non une somme. ’’Un ensemble de faits doivent être pris en compte’’, comme le répète inlassablement le Dr Rueff

Depuis mes débuts j’ai refusé le monothéiste médical consistant à penser qu’une seule thérapeutique, une seule recherche de symptômes présents et leur traitement pouvaient résoudre les situations pathologiques chroniques complexes que nous voyons de plus en plus dans nos consultations. Qu’il s’agisse de troubles comportementaux chez les adultes et les enfants, de situations étiquetées « spasmophilie » ou « fibromyalgie » ou plus simplement comme le dit Philippe Raymond d’un ensemble de symptômes exprimant tragiquement un « mal être » depuis des années et parfois des générations, la prise en charge ne peut qu’être globale.[14]

Voilà donc une pierre dans le jardin des rationalistes, essentialistes, "médico-monothéistes". La présence de Borrelia, dans l’autisme, sournoise et tapie, n’étonnera pas les convaincus que les médecins ont à faire à une bactérie terriblement coriace.

Notes :

[1]  Le packing c’est l’enveloppement par des linges froids (entre 10 et 15°) , tronc et membres, jusqu’à ce que le corps récupère sa température normale, en général en quelques minutes. Cf. Communiqué de presse de la HAS. Concernant ces recommandations pour la pratique professionnelle du diagnostic de l’autisme, elles portent sur le diagnostic de l’autisme et des autres troubles envahissants du développement chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans. Elles ont pour objectifs d’optimiser le repérage (sensibilisation dès les premiers signes évocateurs) ainsi que d’homogénéiser les pratiques et procédures de diagnostic. "Le packing n’a pas fait l’objet d’évaluation scientifique »  La santé sait faire marche arrière et changer d’avis. "Le 2 février 2010, le Haut Conseil de la Santé Publique saisi par le Ministre de la santé a rendu un avis selon lequel pratiqué selon un protocole précis et dans un cadre adéquat le packing ne présentait pas de risques. Le 8 mars 2012, la Haute autorité de santé (HAS) et l’Agence Nationale de l’Évaluation et de la qualité des établissements et Services sociaux et Médico-sociaux se sont déclarés « formellement opposées à l’utilisation de cette pratique »

[2] Source: SPS, "Remous au autour d’un test génétique", mars 2007

[3] Emission réécoutable en ligne : "Le marché de l’autisme", Continent Sciences, 13/02/2012

[4]  Source: "L’autisme grande cause nationale", La tête au carré, 13/03/2012

[5] Peut-on médicaliser de même à outrance les malades de Lyme en les bourrant d’anti-dépresseurs et neuroleptiques ?

[6] Source: Fil d’Ariane, Adno, The association between tick-borne infections, Lyme borreliosis and autism spectrum disorders

[7]  Source: Fil d’Ariane, Adno, Evidence Mounts Implicating Lyme Disease in the Autism Epidemic

[8] cf. site de l’ILADS, J. Burrascano, vice-président de l’ILADS en 2009.

[9] Source: Fil d’Ariane, Actes du Congrès, nov. 2009 : Actes du Congrès Stress oxydant et infections chroniques froides dans les pathologies neurodégénératives, le syndrome de fatigue chronique et l’autisme

[10] cf. le site de LIA Foundation

[11]  Source: Fil d’Ariane, Actes du Congrès, nov. 2009 : Actes du Congrès Stress oxydant et infections chroniques froides dans les pathologies neurodégénératives, le syndrome de fatigue chronique et l’autisme

[12] Source: site de Luc Montagnier, "Autisme: la piste microbienne"

[13] Source: site de Luc Montagnier, "Autisme: la piste microbienne"

[14] Source: Fil d’Ariane, Actes du Congrès, nov. 2009 : Actes du Congrès Stress oxydant et infections chroniques froides dans les pathologies neurodégénératives, le syndrome de fatigue chronique et l’autisme

[15] Reportage FR3 Journal Télévisé 19/20 du 17 Février 2012. Autisme et Causes infectieuses, Video de Youtube par Rmess3 le 18 févr. 2012 sur Youtube Pour archive avant qu’il ne disparaisse de Pluzz.fr.

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